Le Flash aux USA (fin)

Fin du rêve éveillé…

Il faut bien que l’aventure prenne fin, un jour, en ce week-end de commémoration du 11 septembre aux Etats Unis, pour lequel tous les évènements publics, matchs de football compris, ont été l’occasion d’hommages rendus aux victimes et à toutes les forces de secours, d’intervention et de sécurité.

hymn-boise

Boise et l’Albertsons Stadium ont donc vécu cette minute de silence et cet hymne américain plein de ferveurs. Nous y étions, une fois encore aux premières loges sur la sideline de Washington State.
Mais pas les joueurs, maintenus selon la tradition NCAA dans les locker rooms pendant la cérémonie, sans doute pour ne pas perturber la profondeur du recueillement et ne pas ajouter trop d’excitation publique pendant l’hymne (ce qui est étonnant puisque les joueurs sont bien présents lors des finales de conférence, allez comprendre…)

Bref, tout ça pour dire que l’ambiance avait de quoi donner des frissons et que nos oreilles ont pris un choc de décibels à l’entrée des équipes. Et il faut bien avouer que les fans de Boise, la Blue Nation, ou l’Orange Nation, ou la Bronco Nation, ou la Potatoe Proud (la patate fière de l’Idaho) selon votre penchant vestimentaire et culinaire, ces inconditionnels supporters font un bruit d’enfer du début à la fin du match bien supérieur à ceux de Wazzu au Martin Stadium de Pullman une semaine plus tôt.

(Attention ! Saturation du son non-remasterisé…)


Cette vérité établie, reste que les deux équipes ne sont pas vraiment historiquement rivales (le dernier affrontement remontant à 2001). Mais une certaine proximité géographique ainsi que la propension de Boise à taper régulièrement des équipes de la PAC12, plus la défaite de Washington State en ouverture, confèrent à ce match une importance certaine.

ATTENTION ! Spoiler
Si vous ne connaissez pas le résultat et attendez un peu pour visionner le match en intégralité, diffusé par ESPN2 (il se murmure que des Flash déguisés en Cougars d’un soir ont même été vus subrepticement), ne regardez pas ce qui suit…


Dominer statistiquement n’est donc pas gagner. 5 incursions dans la red zone bronco sans scorer, un « pick 6 », un FG contré, 2 turnovers on downs, 40 yards total course : voilà comment on se retrouve avec une 2e défaite 28-31 quand on pensait sérieusement à un bowl majeur en présaison.
Mathématiquement, le Rose Bowl est toujours possible, puisque ne sont pris en compte que les matchs internes à la PAC 12. Mais objectivement, on voit mal Wazzu nous refaire le coup de l’an dernier, sa fiche de 9-4 et son bowl remporté face à Miami.

Car c’est un commencement d’état d’urgence à Washington State. Et lorsque coach Leach parle de « Jolly boys » (les gentils garçons) en conférence d’après match, ce n’est pas pour souligner l’esthétique et la bonne tenue de ses joueurs mais bien le manque d’agressivité et ce sens du combat qui leur fait encore défaut face à l’adversité.

En revanche, ceux qui n’ont pas de souci d’état d’esprit et le sens du sacrifice, ce sont bien les cohortes de fans « bon enfant » qui prennent position tout autour du stade. Et ce qui frappe toujours dans ces tailgate parties à la sauce NCAA, ce sont bien l’hétéroclisme et l’intergénération.

Or contrairement à Pullman, située au milieu de nulle part avec des champs à perte de vue, où la seule distraction est bien ce match du samedi soir (rappel: 30.000 habitants et  32.000 spectateurs !) la ville de Boise, avec ses 220.000 résidents, fait figure de mégapole du secteur. Certes, située au milieu de rien, dans le creux d’une vallée désertique, mais offrant toutefois un peu plus de distraction le samedi soir. Ils sont tout de même 36.000 à garnir l’enceinte de ce stade rendu fameux il y a trente ans tout juste en adoptant le premier synthétique bleu qui pique les yeux. Et comme les Broncos se font un malin plaisir à revêtir une tenue ton sur ton, on a depuis les tribunes l’impression de voir surgir un essaim de caméléons.

the-blue
Cette embrouille colorimétrique est moins flagrante lorsque que l’on est sur le terrain même, et les tenues totalement blanches de Wazzu ce soir là contrastaient assez bien pour ne pas servir d’excuse aux erreurs des Cougars, notamment sur l’interception remontée jusqu’au TD.

On ne s’étendra pas plus longuement sur le déroulé du match, sachant que ceux qui suivent assidument l’une ou l’autre équipe ont déjà vu la rencontre et que les autres, majoritaires, s’en contre-tape royalement. Question trônes, en revanche, on peut vous livrer ici une exclu : les sanisettes locales aux couleurs locales…

toilet-boise-vip

Pour finir sur une note moins vitale et beaucoup plus festive (quand on sait ce qu’ingurgite en moyenne une famille  américaine, cet aspect vespasien est tout de même à prendre au sérieux), le Flash et ses représentants comblés par cette opportunité de road trip footballistique de 3 semaines se font un plaisir de livrer quelques clichés des à-côtés de ce match pris au cours de cette journée intense en sensations et riche en souvenirs. L’occasion aussi de remercier l’ensemble du Staff de Washington State, coach Leach en tête, de nous avoir permis cette incursion in situ. En espérant que le Flash, poursuivant cette voie ouverte, puisse continuer régulièrement d’envoyer dans de si belles conditions ses cadres techniques en « shadow coaching » de l’autre côté de l’Atlantique…